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historique

Les villes sont fières de leur savoir-faire et les artistes commencent à voyager. Les ateliers de maîtres (forme de compagnonnage) disparaissant peu à peu et les 1ères écoles d’art se créent. Les peintres ne disposent plus d’élèves pour broyer pigments et liants. Parmi eux, CHARDIN (1699-1779), décida de confier l’élaboration de ses couleurs à un marchand : Charles de LACLEF, ancêtre de la famille LEFRANC, qui tenait «  commerce de pigments et d’épices » à Paris dans le quartier St Germain. Une collaboration étroite avec les artistes voit ainsi le jour : l’industrie des beaux-arts est née.

Alexandre LEFRANC

Il a joué un rôle considérable dans l’industrie des couleurs et vernis. Des recherches scientifiques et des analyses des tableaux anciens ont permis d’écarter des matières premières dangereuses et peu solides dans le temps, comme le blanc d’antimoine qui jaunissait, le bi-iodure de mercure (rouge écarlate) qui noircissait, l’orpiment ou arsenic jaune (jaune d’or) qui modifiait le ton des couleurs à base de métaux auxquelles on le mélangeait, le bisulfure d’arsenic (rouge Rubis) qui était très fugace, vénéneux et qui modifiait le ton des mélanges, le sel de cyanure de fer et de cobalt (vendu sous le nom de vert de Prusse) toxique et qui se transformait en rouge grisâtre très vilain de ton. Avant la découverte du bleu de Prusse, on mélangeait de l’indigo, du smalt, de la craie et de l’amidon, liés par un mucilage de farine de riz : la teinte était formidable, mais d’une fixité médiocre.

 

XIX siècle

Toute cette « cuisine » devait être redéfinie et les principes édictés pour une qualité « beaux-arts », toujours respectés aujourd’hui, apparurent sur les tubes dès 1889 :

 - Composition chimique des couleurs

 - Degré de fixité à la lumière (1 à 3 étoiles)

 - Inaltérabilité dans les mélanges (inscription M, couleur miscible avec n’importe quelle autre)

Au XIXème siècle, les gammes de couleurs ne cessent de s’étendre, et les recettes de peinture se développent. Jusqu’à présent les peintures étaient conservées dans des vessies de porc. Il restait un aspect qui n’avait pas évolué : l’emballage et le véhicule des couleurs.
En 1841, John GOFFE RAND, artiste américain, dépose un brevet de tube et d'une pince permettant de conserver la peinture dans un cylindre en plomb.

Les anglais eurent l’idée de les présenter dans des tubes en étain, et sur nos anciens tarifs, on peut lire qu’on vendait les couleurs en tubes "un sou de plus" que les couleurs en vessies. En 1859 LEFRANC commercialise le tube à fermeture étanche, l’ancêtre du bouchon à pas de vis. Cette innovation eut une incidence majeure dans la manière de peindre et l’histoire de l’art voit apparaître les Paysagistes, puis les Impressionnistes.

Les Impressionnistes

On admire encore aujourd’hui comment les Impressionnistes ont réussi à capturer la lumière extérieure, du point de vue optique et coloristique (juxtaposition de touches colorées). Malheureusement, la conservation quelques unes de leurs œuvres posent de sérieux problèmes. Comme l’expliquent des restaurateurs, les Impressionnistes recherchaient la matité, et utilisaient des fonds trop absorbants, ils diluaient leur peinture avec trop de solvants, et au final, ne vernissaient par leurs tableaux. Les conséquences sont fâcheuses : le blanc d’argent, à base de plomb (le seul blanc opaque qui existait à l’époque) noircît au contact du soufre présent dans l’atmosphère !

Après avoir découvert la manière d’extraire la garance pour la mise au point de la laque de garance, Joseph BOURGEOIS AINE ouvre un commerce de couleurs à Paris, puis une usine à Montreuil sous Bois où il fabrique les premières couleurs « non dangereuses ». Bourgeois s’intéressera beaucoup à la démocratisation de la pratique de la peinture et commercialisera les 1ères couleurs primaires destinées aux écoles. La qualité de ses produits en fait rapidement un concurrent sérieux à LEFRANC.

1870

Alexandre LEFRANC construit une usine à Grenelle, puis à Issy les Moulineaux et développe avec le peintre-chimiste J.-G. VIBERT des vernis à retoucher et de finition. S’inspirant des techniques picturales pratiquées en Flandres et à Venise aux XVIème et XVIIème siècles, le laboratoire créa les fameux médiums Flamands et Vénitiens.

XXième siècle

Se succédèrent des découvertes de couleurs qui sont devenues incontournables aujourd’hui sur la palette des artistes :

 - Le

Jaune de Naples, qui nous valut une lettre élogieuse du peintre J-F MILLET

 - Les laques extraites de la garance naturelle, qui furent ramenées de Strasbourg par LEFRANC après la guerre de 1870

 - Le Vert de Cadmium en 1911, le Bleu Saphir, en 1913, d’une merveilleuse solidité, sa tonalité s’harmonise avec celle du Bleu de Cobalt, de l’Outremer et du Bleu de Céruléum

 - Rouges et Verts de Cadmium ont vu le jour la même année, reconnus pour leur opacité et leur résistance incomparable aux rayons lumineux

 - Le Blanc de Titane, aussi couvrant que le Blanc d’Argent, apparut en 1922.

 - 1950 : mise au point d’une gamme de couleurs transparentes, spécialement conçues pour les glacis.

Réputé pour son génie et sa passion des arts, Marc HAVEL, ingénieur en chef du laboratoire, fut contacté par le peintre Raoul DUFY, qui avait le projet de réaliser le plus grand tableau du monde : la Fée Electricité (250 panneaux de 1.5m par 2m). Le problème était de pouvoir réaliser le plus rapidement possible cette œuvre monumentale. L’idée fut d’associer à la peinture à l’huile un médium révolutionnaire : une émulsion (colle de peau allongée dans de l’eau, en émulsion avec la couleur à l’huile + 10% de gomme Dammar). Cette formule permettait de superposer rapidement dans le frais, sans détremper les dessous, de conserver transparence, et d’assurer un séchage à cœur de l’ensemble. On peut admirer au Musée d’Art Moderne de Paris la parfaite conservation dans le temps de cette œuvre.

1955

Après la mise au point des médiums flamand et vénitien, la société BOURGEOIS lance la première peinture vinylique : FLASHE.
Cette peinture va permettre aux artistes de découvrir tous les avantages des émulsions synthétiques en phase aqueuse, pour leur qualité d’adhérence sur de multiples supports, leur indélébilité, leur séchage instantané, leur grande stabilité dans le temps, associés à un velouté et une matité des couleurs inégalables.

1965

Fusion de LEFRANC et de BOURGEOIS qui s’installe au Mans en 1966.

1984

Evolution du logo

1988

LEFRANC & BOURGEOIS fait l’acquisition de CHARBONNEL (fondé en 1862), qui est la référence incontestée dans le domaine des encres pour l’impression d’art. Dans son magasin parisien, CHARBONNEL propose des gammes la de couleurs pour la gravure, la lithographie et la dorure véritable